C’est mon fils, ma bataille !

Connaissez-vous l’histoire de cet enfant qui avait un oiseau et l’aima tellement fort qu’il finit par l’étouffer (en le serrant un peu trop fort contre lui). C’est un peu triste pour cet oiseau…

Et dans la vraie vie, combien de parents disent « c’est mon fils, ma fille, il/elle est magnifique ! ». Ils mettent leurs enfants sur un piédestal et leur vouent un amour illimité, inconditionnel, un culte de la personnalité qui frôle la maladie.

D’autres évoquent leur enfant, comme leur propriété (MA-MON) avec l’idée de pouvoir en faire tout ce qu’ils veulent. Ou alors on ressent ce grain de possessivité, cette impression qu’en leur absence ces parents perdraient leur souffle de vie, ce qui alourdit l’enfant et l’empêche d’avancer normalement vers sa propre vie. Toutes ces démonstrations excessives d’amour envers les enfants sont néfastes pour eux. Alors comment faut-il aimer son enfant ?

 

Aimer son enfant est normal : Il est normal, juste et convenable d’aimer son enfant de le stimuler, de le tirer vers le haut par des paroles positives encourageantes. Il est bien de lui montrer ses qualités, ses forces, pour l’aider à prendre confiance en lui. Et il est aussi important de savoir justement doser cet apport d’amour.

Aimer son enfant, ce n’est pas l’étouffer : comme l’histoire de cet oiseau qui a fait les frais d’un amour surdimensionné de son maître par rapport à sa petite taille (le pauvre) et à ce qu’il pouvait recevoir, il nous faut faire attention.

Trop aimer son enfant peut l’étouffer. Il se sent envahit, oppressé, accaparé et en réponse il va finir par vous repousser, surtout quand il se rendra compte que vous êtes un frein à son bonheur, à son évolution, à son épanouissement naturel. Cette réaction sera une source de souffrances réciproques (pour vous et lui) et entrainera un déséquilibre dans ses futures relations avec l’autre. Et en même temps en vous repoussant il a aussi l’impression de vous être déloyal (loyauté familiale inconsciente) même s’il sait que cette étape est nécessaire pour lui : c’est un vrai dilemme ! Pas facile pour un futur adulte de se retrouver dans tout ça.

Un enfant peut se sentir étouffer si :

  • Vous lui demandez de lui donner plus d’affection qu’il n’en a à proposer
  • Vous voulez qu’il comble un manque que vous n’avez jamais traité (en effet il n’a pas à prendre la place d’une mère peu aimante, d’un père absent ou d’un conjoint peu compréhensif par exemple)
  • Il n’est pas votre confident, ni un ami intime (à qui on se confie sur des sujets délicats). Son intelligence et son esprit ne peuvent pas recevoir, traiter certaines informations sans l’affecter durablement et le désorienter. Ce n’est pas son rôle de partager vos problèmes.

Les conséquences de l’étouffement et la possessivité : ce sont

  • Des relations futures et amoureuses déséquilibrées, difficiles
  • Un manque de confiance handicapant
  • Une attente démesurée dans ses relations avec autrui
  • Le « syndrome de Tanguy » ou un futur adulte qui ne veut pas couper le cordon familial pour être autonome et responsable
  • Un adulte qui a du mal à trouver sa place dans la société
  • Une personne à la pointe de l’insatisfaction ou perpétuellement insatisfaite

Aimer son enfant, c’est éduquer et accompagner : il s’agit pour nous parents de prendre la bonne distance, le ton juste et adapté pour le laisser grandir, se réaliser et s’accepter dans sa différence. Comment ?

  • En lui faisant confiance, je lui donne sa place
  • En le laissant faire ses propres expériences, erreurs (sans le mettre en danger bien-sûr)
  • Tout en le sécurisant grâce aux limites, interdictions imposées (des barrières protectrices)
  • En le laissant prendre seul certaines décisions et assumer (responsable)
  • En l’aidant à développer son libre-arbitre, un esprit critique et d’analyse sur lui-même et son environnement (se poser les bonnes questions, lui donner des pistes de réflexions)
  • Lui enseigner à être, dire, vivre la Vérité (sur son environnement, la vie, les éventuels dangers, l’histoire de sa famille) pour qu’il affronte les expériences sous le meilleur angle et qu’il trouve en lui les ressources
  • Lui apprendre à ne pas juger (ni le juger), à ne pas se comparer négativement aux autres mais à être en compétition contre Lui-même (se challenger)
  • Enfin à entretenir une attitude de gratitude envers la Vie (ses parents, sa famille, ses amis, ses rencontres ponctuelles) pour s’ouvrir et apprécier ce qu’il possède déjà

Aimer son enfant, ce n’est pas satisfaire à tous ses désirs : sachons bien différencier les désirs et les besoins. Le désir est une envie qui apporte quelque chose en plus de ce que j’ai déjà ; il n’est pas nécessaire, obligatoire et vital. Tandis que le besoin est là pour combler un manque qui est nécessaire, important pour son bien-être.
Cet aspect est important car parfois certains parents satisfont avec opulence ses désirs et masque ainsi leur rôle primordial pour l’enfant. En satisfaisant ses désirs ils essaient de combler une insécurité affective, un manque d’éducation, une faible autorité par exemple.

Attention même si c’est un langage que l’enfant va apprécier au début, il se lassera un jour et il y a aura toujours un vide (en lui) qui ne sera jamais comblé par le matériel. Son être intérieur réclame autre chose de plus profond.

Aimer son enfant, ce n’est pas couver : ce n’est pas en empêchant notre enfant de vivre, en créant une atmosphère de peur, en étant sans cesse angoissé pour lui, que nous lui donnerons les clés de la réussite. A travers toutes ses expériences (réussites et difficultés) il va se construire, se connaître (faiblesses, forces) et se positionner face au Monde. Oui laissons-les un peu « vivre leur vie » d’enfant…comme a dit une fois une petite fille à sa maman, qui était constamment sur son dos.
Quand on accepte la responsabilité d’élever, éduquer un enfant au mieux, ce n’est pas pour le garder toujours à nos côtés, comme un animal de compagnie fidèle et totalement dépendant de nous. Je dis souvent aux parents qui sont « très très amoureux de leur enfant » (pour ne pas dire possessifs) que :

Elever, éduquer un enfant, c'est comme entretenir le jardin du voisin ! Click To Tweet c’est pas juste, et c’est la Vie!

Et si vous êtes un parent avisé, prévoyant et sage, peut-être saurez-vous inciter votre voisin à partager une partie de ces bons fruits avec vous. En tout cas, moi c’est ce que j’envisage avec mes enfants pour l’avenir.

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                                                                                                                                                     Nax

Naxwelle

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