Que faire face à la Mort, au Deuil ?

J’aborde là un sujet profond, intime, délicat que la société évince car il touche chacun personnellement et est synonyme de souffrance. Toutes les cultures n’approchent pas la Mort, le Deuil de la même manière et pourtant il faut y faire face un jour ou l’autre.

On est souvent abasourdi, retourné quand quelqu’un nous apprend le décès d’une personne connue. Plus déstabilisant et interrogeant, on ne sait pas quoi dire, quoi faire, comment se comporter, pour soutenir et ne pas encore activer la peine et la douleur déjà présente.

Confrontée très tôt dans ma vie de jeune adulte à la disparition d’un être très proche, j’en ai fait une expérience qui m’a marquée mais qui m’a aussi construite ; aussi je reste toujours très émue lorsque j’apprends le décès de quelqu’un.

  • Tous inégaux face à la Mort et au Deuil

Nous n’avons pas tous la même résistance, résilience face à l’annonce d’un décès. Les sud-américains sont plus armés pour appréhender la mort, en parler, l’accepter ; tandis que pour d’autres c’est un sujet pesant, à éviter et qui dérange. Chaque personne concernée, impliquée ne réagit pas de la même manière. Il y a ceux qui acceptent leurs émotions et le montrent, ceux qui accueillent leur émotions avec pudeur et ceux qui les refoulent complètement.

Certains vont se réfugier dans un silence gênant, lourd, un mutisme qui vous scotche. Lorsque d’autres seront dans la diversion du sujet, par un flot de paroles, un excès de tout ; ils fuient la réalité. Toutes ces formes de réactions sont l’expression de leur propre douleur.

Pour moi c’était le silence…aucune envie de dialoguer, de parler. Seul le monde du silence, le silence en Moi, envers les autres, le recentrage sur moi-même me soulagent. C’est comme « rentrer dans sa grotte », ou « se fermer comme une huître » : un système de défense contre la souffrance, pour mieux digérer ce flot d’émotions… et aussi pour ne pas polluer les autres avec ce que je vis (que je trouve tellement intime et personnel).

  • Avoir de l’empathie, aide à appréhender le deuil

Lorsque le décès, ou le deuil est récent, il est bon de témoigner de l’empathie à la personne affectée. Ceci doit se faire avec tact et à  bonne distance pour ne pas bousculer et choquer davantage l’autre.

by Rudy – www.pittoresque.smugmug.com

Avoir de l’empathie, c’est simplement essayer de se mettre à la place de l’autre dans sa situation, imaginer son ressenti, le respecter sans toutefois se sentir obliger de porter sa douleur. Déjà être en pleine conscience du moment présent pour être en adéquation avec l’autre est le début de l’empathie. Elle peut se manifester simplement par l’écoute attentive, bienveillante, proposer son aide (sans forcer et déranger par insistance). Rester juste à côté de la personne dans le silence, être à sa disposition selon son besoin, attendre d’être sollicité ou non, accueillir ses émotions avec bienveillance,  c’est aussi connaître de l’empathie. Dailleurs on ne peut pas mentir avec l’empathie…si vous en avez vraiment, celui qui est en face de vous, le saura… et si c’est trop dur pour vous, abstenez-vous et restez en retrait.

Témoigner sincèrement de l'empathie à une personne endeuillée, est déjà un grand soutient! Cliquez pour tweeter

 

  • La disparition, la mort expliquée aux enfants

Face aux enfants, intelligents et très sensibles (à la démonstration des émotions des adultes), il est nécessaire d’adapter nos explications à leur niveau d’entendement. Avec des mots simples, des histoires imagées, dites-leur la vérité, soyez sincère avec eux. C’est la meilleure façon de les protéger et de leur faire comprendre la beauté et la valeur de la Vie. Surtout ne pas « inventer une histoire mensongère » pour masquer la réalité. Une fois la vérité découverte par l’enfant, celui-ci sera confronté à trois problèmes au lieu d’un seul au départ. Tout d’abord votre trahison, puis le mensonge, et l’impression d’avoir doublement perdu cette personne !

Laisser les exprimer leurs émotions à leur manière, toujours avec compréhension (dessin, colère, refus, rejet, cris, tristesse passagère…) du moment que cela reste passager.

Ne soyez pas non plus choqué du raccourci de leur raisonnement, ils sont plus clairvoyants, et ont beaucoup plus de ressources qu’on ne le pense. Un jour un de mes fils m’a dit qu’il n’aimait pas (s’attacher) aux personnes âgées, parce qu’elles sont vieilles et meurent ensuite. Hummm j’ai pensé : c’est une analyse rapide, vrai, ajustée à sa vision de la vie…ça lui appartient.

De même restez attentifs et vigilants à la réaction des enfants dans les jours suivants l’annonce du décès. L’exemple de cauchemars, agressivité, insomnies, énurésie, régression comportementales (etc.…) indiquent qu’ils ont été choqués et plus affectés qu’il ne parait. En parler à nouveau avec eux, ou consulter un spécialiste pour enfant pour vous soutenir.

Il n’y a pas de honte à montrer nos faiblesses, nos limites, nos émotions à nos enfants (sans tomber dans le mélodrame). Ils  comprendront très bien que nous ne sommes pas infaillibles et sommes enfin de compte comme eux.

 

  • Le facteur « temps » pour dissiper le deuil

Ensuite il faut laisser le temps suivre son cours pour panser, cicatriser les égratignures de la vie. C’est un processus plus ou moins long selon le vécu, l’histoire personnelle, le caractère de chacun et sa résilience.

Attention à ne pas tomber dans le piège du mélodrame. Entendez par là, le fait d’entretenir et nourrir une atmosphère négative qui vous maintient dans un état de pesanteur régulier, de lourdeur psychique. Par exemple écouter des chansons noires, refuser de s’alimenter par tristesse, rester attacher émotionnellement à des objets du défunt, se lamenter et se plaindre sur son sort, mettre en valeur le manque et l’absence de la personne, etc.…. Tout ceci ne vous fera pas sortir du deuil, bien au contraire.

Un esprit abattu affaiblit votre âme, alors qu'un esprit fort, dynamise votre corps. Cliquez pour tweeter

 

Si le temps est un facteur essentiel pour « sortir » du deuil, cependant cette étape ne doit pas devenir une situation permanente. C’est-à-dire que le « temps des lamentations », du « devoir de mémoire », de la torpeur (sommeil) psychologique, ne doit pas durer, perdurer, sinon le risque est de tomber dans un cycle dépressif.

 

  • Quand le temps n’apaise plus la douleur

Pour les personnes  muettes, enfermées dans un mutisme, il est important après un certain temps de les aider à parler, à mettre des MOTS sur leur MAUX, verbaliser les douleurs, leur limites, leurs émotions (sans jugement).

Quand une personne s’enlise toujours dans les souvenirs d’un défunt, perdure dans l’expression du manque, et se plaint souvent de cette absence, reste mélancolique, il est temps de se poser des questions. Idem pour celles qui se sont renfermées sur elles-mêmes, très distantes de la Vie en générale, dans un silence anormale depuis un décès. Ce sont des signes qui doivent vous alerter. Ils sont les signaux d’un appel à l’aide et d’une détresse profonde.

En effet certaines émotions négatives non-évacuées auront  certainement des conséquences sur leur santé physique, psychique, morale…ceci comme moyen de compensation, de décompression naturelle. Beaucoup de personnes ayant mal « digéré » une disparition se sont retrouvées quelques années plus tard avec des maladies somatiques.

 

  • Où trouver de l’aide ?

Faire intervenir un tiers neutre (professionnel, psychologue, médiateur, magnétiseur, quelqu’un qui a un mandat spirituel, ou autres) devient alors indispensable à la situation…car l’autre sera certainement dans le déni de son mal-être et le rejet de l’aide apportée par ses proches. Surtout faites preuve de tact, de douceur, d’ingéniosité, de discrétion pour l’amener vers un professionnel.

Et sachez-le à l’avance, vous aurez sûrement de la résistance, du rejet (peut être beaucoup), alors persévérez, insistez car demain, assurément elle vous remerciera!

 

Voilà grossièrement quelques éléments pour vous armer à réagir face à l’annonce d’un décès ou pour accompagner quelqu’un dans le temps du deuil. Il y a beaucoup de choses à dire et à développer et ce serait trop long. Si vous avez des questions, écrivez-moi, j’essaierai de vous partager mes expériences. Courage à vous et n’oubliez pas, témoigner sincèrement de l’empathie à la personne endeuillée, c’est déjà un très bon début.

 

Vous aimez l’article, partagez le et aidez d’autres personnes.

A lire aussi:  Les Saisons de la Vie (la vie est rythmée par des temps, appelés aussi des saisons)

Naxwelle

2 réflexions sur “ Que faire face à la Mort, au Deuil ? ”

  • 6 août 2018 à 10 h 43 min
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